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Pendant que quelques politiciens entartables se régalent de ris de veau bien arrosés aux frais des contribuables dans un restaurant qui les vend particulièrement cher, sur la scène d’Espace Libre une poignée de saltimbanques écartelés entre le désir de célébrer et une sorte de faux désespoir, tentent l’effort de la fraternité.

Dix ans après la création de Cabaret Neiges Noires, et un an après le 11 septembre, après que l’on ait tenu une série de salons littéraires regroupant une trentaine d’artistes de toutes tendances, on débarque avec un nouveau spectacle aussi grotesque que désengagé, à la fois festif et misérabiliste, pro ceci et anti-cela, pathétique à souhait et conçu vraiment pour n’importe qui et dont l’intention est de brasser la cage de nos mauvaises consciences, de chanter nos incertitudes et de danser sur nos volcans.

Chacun à sa manière, on tente désespérément de s’interroger sur l’état des lieux, de brasser des sentiments, des idées peut-être et, qui sait, d’éventuelles amitiés et de nouvelles maladies transmises sexuellement. Cela a pour résultat un party bien rempli de ce sens de la fête et de la fraternité qui nous rend si heureux, pendant et surtout après le spectacle alors que ces longues soirées d’après-spectacle, à boire et célébrer gaiement avec les camarades, donnent un sens à nos vies, et un fond de retraite à notre barman Brodeur.

Pour le plaisir d’endurer Michel-André Cardin en caniche aphone, ou l’extase d’entendre Norman Helms pasticher Engagement de Robert Charlebois sur l’impitoyable Manifeste du Désengagé de Stéphane Crête, pour le doux bonheur de chanter la mort des baleines et de crucifier Carole de Verdun et, avec elle, de hurler la complainte des toasters mal recyclés du monde entier.

 
Les deux gentilshommes de vérone_1
Les deux gentilshommes de vérone_2
Les deux gentilshommes de vérone_3
Photos: Gilles Lauzon
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